Ne nous racontez plus d’histoires ! Tel un cri du cœur voici un documentaire appelé à devenir incontournable pour qui désire transmettre et enseigner les mémoires de la guerre d’Algérie.

 

Synopsis

Elle est Française, il est Algérien. Toute leur enfance a été bercée par la guerre d’Algérie. Souvenirs traumatisants d’un départ forcé pour la journaliste, fille d’un pied-noir ; récit mythifié d’une indépendance glorieuse pour le réalisateur, militant des droits humains. Chacun a eu droit à sa version de l’histoire. Loin de l’historiographie officielle, ils rencontrent des témoins aux discours volontairement oubliés et qui se battent contre la guerre des mémoires pour faire entendre une vérité plus apaisée.

Ne nous racontez plus d’histoires ! La parole des acteurs, des témoins

 

Carole Filiu-Mouhali et Ferhat Mouhali parviennent en 1H30 au tour de force d’explorer les mémoires de cette guerre, sans occulter les parts d’ombre d’une construction mémorielle trop longtemps compartimentée. Partant à la rencontre des témoins d’époque sur les deux rives de la Méditerranée, le couple dresse, avec justesse et émotion, un tableau convaincant, dense, d’un passé qui reste largement douloureux pour nombre d’Algériens et de Français.

Chaque rencontre est l’occasion d’un échange de quelques minutes autour d’une mémoire singulière. Le format choisi permet aisément, avec des élèves, de s’arrêter entre deux témoignages pour reprendre le propos, le mettre en perspective, approfondir si nécessaire. En ce sens la puissance pédagogique de ce documentaire est limpide. Tour à tour, anciens combattants, civils, acteurs et victimes, pieds noirs, Harkis, français engagés en métropole contre la guerre proposent des récits mémoriels qui, mis bout à bout, tissés avec soin, permettent de dresser un tableau lucide de cette guerre qu’on ne voulait pas nommer en Métropole.

Les souvenirs, douloureux, prennent aux tripes. Ces leçons de vie sont autant de moments qui donnent corps à une histoire dont les plaies sont toujours à vif dans certaines communautés. Ces moments à eux seuls justifient que l’on exploite ce travail avec des élèves, pour qui ne peut faire venir de témoins dans un collègue ou lycée. Mais il y a bien plus que des récits du passé. Le trésor est ancré dans le présent.

 

Le désir de vérité de jeunesses avides de comprendre

 

Le tableau brossé par Carole Filiu-Mouhali et Ferhat Mouhali illustre les difficultés françaises à parler de ces faits, mais aussi le chemin parcouru. La question de la torture, des crimes de guerre, la mémoire oubliée des Harkis constituent assurément des moments nécessaires. Mais pour difficiles que soient ces questions, elles sont abordées, partagées avec une jeunesse avide de savoir, de comprendre. Or, si ces mémoires sont aujourd’hui clairement sur la table en France, dans les établissements scolaires, l’on découvre qu’en Algérie les mémoires sont encore plus difficiles à explorer.

Petit à petit, les traces des pieds-noirs semblent s’effacer des paysages et ne demeurent que les souvenirs de quelques témoins âgés. Le pouvoir officiel défend une mémoire sélective, mettant en avant le souvenir d’un passé glorieux et victorieux du FLN. La glorification des héros va de pair avec l’entretien d’une forme de rancoeur, si ce n’est de haine des Français, qui seraient incapables de repentance. Or, ce que l’on découvre au détour d’un échange, autour d’une table entre de jeunes hommes algériens jouant aux dominos, ou dans un village martyr des montagnes, c’est qu’il existe aussi une soif d’une mémoire totale, bien moins manichéenne. Derrière les fêtes et les célébrations officielles, les jeunes Algériens ont pris la mesure de ce qui a été et demeure occulté. Les crimes fratricides de mouvements de résistance, la volonté du FLN d’imposer une vision simpliste sont ouvertement remis en question. Cette jeunesse n’est pas dupe et a soif de vérité.

Plaidoyer humaniste, Ne nous racontez plus d’histoires ! participe pleinement, bien plus efficacement que de trop nombreuses postures politiques, à la mise en place progressive d’une mémoire collective, franco-algérienne, au cœur de laquelle la jeunesse semble être la clé d’une réconciliation possible et nécessaire.

 

Ne nous racontez plus d’histoires !, un documentaire à exploiter en classe

 

Le documentaire, exploité avec des élèves, doit être préparé en amont. Il sera nécessaire de proposer a minima un questionnaire, des activités, afin de l’exploiter au mieux. Compte tenu des impératifs horaires, des programmes, il peut être difficile de l’exploiter en entier. Avec des choix ciblés, il est possible de travailler deux heures avec une classe. Des élèves de lycée seront sans doute plus à même de pouvoir profiter de la qualité des échanges ; même pour des Troisième, l’expérience pourrait être plus compliquée.

Au-delà du propos, la forme s’avère elle aussi, de grande qualité. La photographie et la musique s’intègrent parfaitement au projet. L’Algérie est belle, les scènes extérieures, certaines grandioses, alternent parfaitement avec des moments plus intimistes, autour d’une table, d’un thé.

Afin d’exploiter ce documentaire en classe, il est possible d’acheter le DVD ou de le louer pour une séance. Vous pourrez retrouver les modalités pratiques dans le lien suivant, sur le site web de vraivrai-films.fr.

 

Cliquer sur l’image pour rejoindre la page

 

Il est aussi possible de solliciter directement l’équipe du film pour organiser des projections scolaires dans des salles de cinéma (ou autres) accompagnées par le réalisateur. Pour toute demande il suffit contacter VraiVrai Films, suivie de mon adresse mail – distribution@vraivrai-films.fr.

 

Dans les meilleurs délais possibles, un dossier pédagogique sera proposé par Cliociné afin d’exploiter concrètement ce film en classe, avec des élèves. Le travail sera orienté pour des élèves de spécialité HGGSP, le Thème 3 – Histoire et mémoires, et plus particulièrement le Jalon 2 – Mémoires et histoire d’un conflit : la guerre d’Algérie de l’Axe 1 – Histoire et mémoires des conflits, se prêtant parfaitement à l’exploitation de ce superbe projet. De façon plus générale, il pourra aussi être utilisé dans le cadre d’un cours sur le Guerre d’Algérie en tronc commun, afin d’en questionner les mémoires, voire en Troisième.