La trahison

Ce film ne sort qu’en janvier 2006. Des séances « pour les enseignants » sont organisées en avant-première.

Le film : sortie le 25 janvier 2006

« Adapté d’un récit autobiographique de Claude Sales, La Trahison raconte l’histoire d’un jeune sous-lieutenant de l’armée française, confronté à la possible trahison de quatre de ses « appelés musulmans ».
Ce film peut permettre de réfléchir, avec les élèves, aux aspects quotidiens et humains de la Guerre d’Algérie, ainsi qu’à la façon dont s’articulent l’histoire et les mémoires de l’événement.
 »

(http://www.zerodeconduite.net/latrahison/
)

Ressources

Le site pédagogique

Zéro de conduite.net lance aujourd’hui, en partenariat avec l’Agence Cinéma Education et Pyramide Films, son premier site pédagogique de film, consacré à La Trahison de Philippe Faucon , qui sortira le 25 Janvier 2006.

http://www.zerodeconduite.net/latrahison/

On connaissait Philippe Faucon pour ses beaux portraits d’adolescents : Muriel fait le désespoir de ses parents (1994), Mes dix-sept ans (1996) et surtout Samia (2000).

Dossier d’accompagnement pédagogique du film « La trahison » réalisé par Valérie Marcon et Hélène Chauvineau, professeurs d’histoire-géographie en lycée.

http://www.zerodeconduite.net/latrahison/img/latrahison-dossierpeda.pdf

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A propos de l'auteur

Jean-Pierre Meyniac

J'enseigne au lycée Marie Curie d'Echirolles, près de Grenoble. Passionné de cinéma, j'anime ce site depuis sa création.

La trahison

Compte-rendu de la projection organisée par le prducteur du film, en avant-première, le 9 novembre 2005.

Nous étions donc au moins deux clionautes franciliens dans la salle, mercredi soir ! Outre Claude Sales, l’auteur du roman à l’origine du film dont François Delpha vous a signalé la présence, Benjamin Stora était également présent mais n’a pu rester le temps du bref échange qui a eu lieu entre Claude Sales et la salle effectivement bien grisonnante.

L’objectif était, je crois, de rassembler lors de cette projection, enseignants et membres d’associations d’anciens combattants de la guerre d’Algérie. Parmi ces derniers, ceux que j’ai pu entendre s’exprimer semblaient s’accorder sur le fait que le film retrace bien « l’ambiance » ressentie à l’époque même si, soulignaient-ils, la guerre d’Algérie recouvre bien des réalités différentes en fonction du lieu où l’on se trouvait ou de l’époque pendant laquelle on était en Algérie. En l’occurrence, Claude Sales a précisé qu’il se trouvait près de Sétif et que l’action avait vraiment eu lieu en 1959 et non 1960 et qu’elle s’était déroulée sur une période de deux jours et non sur quelques semaines comme le présente le film.

Celui-ci m’a plu pour sa subtilité et pour sa sobriété qui ne traduit pas que l’éventuel manque de moyens effectivement ressenti, parfois. Cette sobriété a le mérite de laisser place au temps, long et parfois même lent pour tous les acteurs de cette histoire, de cette guerre qui n’en finit pas de se définir et de s’achever. Le parti pris du réalisateur m’a semblé se centrer sur l’implicite (d’où des dialogues très courts), implicite qui vire bientôt au doute voire au soupçon eu égard à l’histoire elle-même. Il s’agirait d’ailleurs de lire la « trahison » à plusieurs niveaux comme l’annonce le dossier de presse et comme nous l’a confirmé l’auteur du roman après la projection : la trahison des 4 FNSA, celle du sous-lieutenant, celle de l’armée à l’égard de ces FNSA qui n’en finissent pas de s’interroger sur la validité des promesses faites, celle de la France à l’égard de tous ceux qui sont en Algérie à cette époque etc….

Cependant, pour un public plus jeune et peu renseigné sur la guerre d’Algérie (je pense plus particulièrement à mes élèves de 3e), je n’ai qu’un regret à exprimer : ce choix de l’implicite peut s’avérer peut-être parfois hasardeux pour la compréhension, déjà difficile à saisir, à la base, de la situation complexe des 4 soldats musulmans (FNSA qui sont des appelés de l’armée française et non des membres d’unités supplétives autochtones d’Algérie engagées avec l’armée française comme l’étaient les harkis, je crois), de leurs choix et, en définitive, des doutes qui assaillent le sous-lieutenant Roque. Ainsi, j’ai regretté que la discussion qui a lieu entre le sous-lieutenant Roque et le soldat Taïeb la 1ère nuit après les révélations faites au sous-lieutenant Roque par son capitaine se limite à quelques brefs échanges. Claude Sales a confirmé que, de fait, le dialogue qu’il avait eu avec Taïeb, cette fameuse nuit, avait été plus nourri que ce qui avait été présenté à l’écran mais que faute de moyens….

Je crois donc en définitive que ce film doit être pris et vu avec toute la modestie avec laquelle il se définit : le récit court et fort d’une trahison en un lieu et à une époque donnés pendant la guerre d’Algérie. Ce film donne davantage à voir qu’à expliquer et, après tout, les explications, nous pouvons toujours tenter de les donner autrement à nos élèves.

Marie-Noëlle Gairaud-Deschamps.

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