Les énergies de la mer, toujours en lice ? La force de l’eau peut être une source d’énergie mais pour l’heure, aucun projet ne semble vraiment avoir abouti.
Première étape à Saint Malo, à la rencontre de la Manche et de l’estuaire de la Rance. Le jeu avec les amplitudes de marées est ici très fort, le marnage peut atteindre 12 mètres. Un moulin à blé a pu être exploité grâce à la force des marées : l’alimentation s’est faite par un flux d’eau non constant. Au même endroit, une usine marémotrice est installée dans les années 1960. Cette énergie permet de relancer la construction automobile en Bretagne. Aujourd’hui, des tourbillons montrent que les turbines installées plus bas fonctionnent encore.
Au Nord de l’Ecosse, dans l’archipel des Orcades, l’EMEC, Centre Européen de l’Energie Marémotrice a été crée en 2003. Une digue a été érigée lors de la Seconde Guerre Mondiale. Des installations sont installées sous la mer et non visibles depuis la côte et génèrent un peu de courant. En 2004, le Pelamis voit le jour, une sorte de serpent de mer géant. Un fluide hydraulique est comprimé et doit générer du courant grâce au mouvement des vagues. Le projet est vite mis en pause car le Pelamis est souvent en panne. Aujourd’hui, l’appareil n’est plus qu’un vestige car l’expérimentation a pris fin en 2014 en raison de coûts exorbitants.
Quel impact écologique ? La coupure entre la mer et la partie fluviale interroge l’équilibre écologique des zones concernées. De retour à l’usine de la Rance, on constate que la vase prélevée provient de la mer essentiellement et stagne trop longtemps dans l’estran. Les désagréments sont réels pour l’homme, pour la navigation et l’Etat n’a pas joué son rôle pour désenvaser le secteur.
Qu’en est-il des poissons nageant à proximité des turbines ? Sont-ils gênés par le bruit ? Certaines espèces ne franchissent pas le barrage et cela nuit à la continuité écologique des espèces.
A l’université de Kassel en Allemagne, une hydrolienne « Sea flow » puis « Sea Gen » voit le jour en 2004. Les nuisances écologiques n’étaient pas avérées ici. En 2008, des moyens supplémentaires sont débloqués pour installer des hydroliennes plus puissantes qui génèrent de l’électricité efficacement. En 2015 pourtant l’unité est désactivée et démontée, cela n’était qu’expérimental. La question cruciale est celle du site qui permettrait, avec de forts mouvements marins, de réellement révéler le potentiel de telles infrastructures.
Aux iles Féroé, l’éolien est déjà présent à hauteur de 20 %. L’eau est très présente et offre un réel potentiel. 6 centrales hydroélectriques sont présentes. Des ingénieurs suédois ont conçu des « cerfs-volants aquatiques » fixés au fond marin et virevoltant sous l’eau pour générer de l’énergie.
Les turbines de Sea Gen ont été revues chez Mey Gen avec une meilleure connaissance des charges et des forces. Ainsi le projet apparait viable. L’électricité bleue prend forme.
Le défi est vraiment de réduire le prix comparé au solaire et à l’éolien.

