Haro sur l’eau ! Les fleuves en détresse ou la gestion des crises hydriques. L’eau disparait partout sur la planète mais que devient-elle ? Et qui en profite ? Qui subit les pénuries ?

De manière globale, 70 % de l’eau sert à l’agriculture contre 20 % pour l’industrie et 10 % pour les usages domestiques. Le stress hydrique est élevé dans ¼ des territoires dans le Monde.

Le reportage démarre sur l’Egypte où le Nil est devenu un enjeu politique. Les crues du fleuve ont toujours permis d’irriguer et fertiliser les champs. Aujourd’hui c’est une irrigation par submersion qui consomme davantage.

La baisse des nappes phréatiques et la hausse de la salinité peuvent mettre en péril l’accès à la ressource en eau pour l’agriculture. Pourtant le pays exporte énormément en la matière (pommes de terre, fraises), en Europe notamment. Et comme le climat est chaud, il faut davantage d’eau pour assurer la production (1 kg de pommes de terre produit en Allemagne nécessite 120 litres d’eau contre 420 litres en Egypte).

Dans un second temps, le Colorado est évoqué. Il prend sources dans les Rocheuses et alimente 7 Etats. Les métropoles de Californie sont fort dépendantes de ce fleuve. La vallée impériale produit de la luzerne pour faire du fourrage.  L’élevage est donc également très développé. L’évaporation est très forte en raison de la chaleur.

Il faut 1000 litres d’eau pour produire 1 litre de lait, 5000 litres pour 1 kg de fromage et 15000 litres pour 1 kg de viande de bœuf. Cela est d’autant plus marqué que le bétail n’est plus nourri à l’herbe mais au fourrage dans les « usines à vaches ».

Le cycle de l’eau est modifié. Les glaciers, notamment, fondent vite et n’alimentent plus correctement les vallées proches. C’est le troisième exemple pris en Inde, au Rajasthan. Des puits ont été installés depuis longue date et on voit qu’il faut aller chercher l’eau de manière plus profonde. Les habitants doivent se faire livrer de l’eau potable.  Avec 18 % de la population du monde pour seulement 4 % de l’eau douce mondiale, il y a un fort décalage.

L’Ebre, en Espagne, est ensuite présenté. Une technique permet de limiter le gaspillage : un outil informatique permet de mieux réguler la consommation d’eau. Malgré cela, la pénurie est réelle. L’Espagne ne se dote pas d’une politique ambitieuse aux yeux des producteurs de luzerne. Mais la luzerne n’est-elle pas la cause de cette situation ? Les fortes précipitations ont généré des inondations au lieu d’irriguer les nappes en profondeur.

Sur les 70 % des usages agricoles de l’eau, 30 % sont utilisés pour la production animale.

Au Mexique, l’eau de mer salinise les sols en Basse-Californie. Cela gène fondamentalement les pêches traditionnelles du secteur. Les pécheurs subsistent difficilement et n’arrivent plus à vendre leur faible production.

Retour en Inde, sur la Kavéri : les habitants en aval du fleuve qui traverse plusieurs Etats sont dépendants des comportements de ceux situés plus en aval.

Ailleurs en Inde, des méthodes ancestrales sont remises au goût du jour. Des barrages traditionnels retiennent l’eau de la Mousson et permettent à la nappe phréatique de se reconstituer. Le résultat est probant.

En Normandie, les poissons migrateurs ne peuvent plus emprunter le cours d’eau la Sélune en raison de deux imposants barrages. Ceux-ci ont finalement été démantelés pour laisser la biodiversité prospérer. Les poissons migrateurs reviennent progressivement.

Retour en Inde, à Surat, la qualité de l’eau est une autre question. L’industrie textile pollue la ressource. Des produits chimiques sont renvoyés dans les eaux sans traitement. La moitié des cours d’eau indiens seraient gravement pollués. Des stations de traitement de l’eau se développent malgré tout et proposent une eau finalement plus propre que celle de la nappe phréatique. Les pesticides sont aussi coupables de la pollution.

Dans le Sahara égyptien, les dattes consomment moins d’eau que d’autres plantes. L’irrigation au goutte à goutte est une piste intéressante. Des panneaux solaires peuvent faire fonctionner des pompes. Le pays produit aussi de la luzerne massivement. L’armée confisque des surfaces agricoles productrices de luzerne.

Haro sur l’eau ! est un documentaire précieux.