Sécheresses et inondations, chercheurs en action. Ce sont deux manifestations du changement climatique qui se combinent.

Dans les Alpes autrichiennes, la fonte des glaciers est très rapide. Si l’air est sec, la glace fond moins vite. Avec le changement climatique, l’air surchargé en humidité stagne aux abords des glaciers les faisant fondre plus vite. Les conséquences, ce sont des « laves torrentielles » et une instabilité de la structure même de la montagne qui peut se fracturer. Le manque d’eau douce est également une conséquence.

Au Nord de la Bavière, une espèce de moule habituellement présente dans les cours d’eau du secteur n’est plus là du fait de la surcharge de vase. Ces moules perlières pouvaient vivre plus d’un siècle. Les pluies soutenues apportent trop de sédiments dans les rivières et étouffent les organismes qui y vivent et manquent ainsi d’oxygène.

L’équation d’Emile Clapeyron faisant le lien entre chaleur et humidité est encore d’actualité : plus l’air se réchauffe, plus il peut contenir d’humidité (+ 7% par degré supplémentaire). Les pluies extrêmes seront plus fréquentes et les sols seront plus vite privés de leur humidité.

En Thuringe, les eaux souterraines sont analysées : les nappes phréatiques voient leur niveau baisser et filtrent moins bien les substances nocives. Celles-ci rentrent plus facilement en profondeur. Il faut retenir l’eau de pluie plus longtemps dans les sols. Le choix des essences d’arbres est crucial. Ceux-ci s’adaptent. Sur certains conifères, les aiguilles sont plus courtes, signe que la sécheresse a été marquée. La réduction de la surface foliaire permettra de moins absorber de CO2.

Quelles associations de culture peuvent être envisagées pour mieux supporter ces alternances de pluies massives et de sécheresse ? La combinaison du soja et du blé semble intéressante car leur apport chimique et leur rythme de croissance diffèrent.

Mais les différents greniers à blé du monde, s’ils sont touchés en même temps, sont menacés. Notre sécurité alimentaire pourrait en être affectée.

Les insectes ravageurs, comme les cicadelles, prolifèrent également. Il est nécessaire de trouver comment stopper leur reproduction, les faire fuir.

L’érosion du sol est un problème lors de fortes pluies : la couche arable, la plus fertile, est lessivée.

En ville, les inondations constituent la menace majeure. Des bassins de rétention doivent se multiplier pour éviter les dégâts.

Autre piste, à Paris : pour contrer les ilots de chaleur, des groupes frigorifiques refroidissent l’eau de la Seine qui est utilisée comme fluide caloporteur pour un réseau de froid urbain qui relie différents bâtiments. Au départ il s’agissait de bâtiments publics mais les propriétaires privés s’y intéressent également. Le réseau s’étoffe et profite des tranchées des égouts parfois.

Sur les organismes humains, le stress termine se développe également. Des gilets rafraichissants pourraient être portés pour atténuer les effets de la chaleur.

Près de Figeac, une rivière a été rectifiée mais, finalement, il est nécessaire de retrouver un tracé sinueux et varié. Il faut des variations de profondeur, de ripisylve pour mieux stabiliser la biodiversité et même la faire revenir.

Certaines herbes marines survivent bien aux températures de l’eau élevées et peuvent stocker le CO2. Des herbiers marins jouent le même rôle que les tourbières.

D’anciens étangs piscicoles pourraient servir de tampons pour les cours d’eau. Ils pourraient redistribuer de l’eau en urgence lorsque nécessaire.