L’Union Européenne souhaite que l’usage des mines soit un axe de sa politique de transition environnementale. Serait-ce réellement écoresponsable ou alors une autre façon de générer des bénéfices ? Des mines vertes, une solution à la crise climatique ?

Il faut des minéraux stratégiques pour aller vers la neutralité carbone. Mais cette industrie est loin d’être verte !

Au nord de la Suède, des géologues recherchent des ressources minières, notamment des terres rares (lithium, cobalt, cuivre) pour lesquelles l’Europe est actuellement dépendante de la Chine.

En Extremadura, en Espagne, l’activité économique est défaillante. Du cuivre est présent sur place et une entreprise est intéressée pour l’exploiter. Or, le site est une réserve naturelle.

Le Parlement Européen se penche sur la question et le consensus semble se faire. Le fait d’exploiter en zones de réserve naturelle n’est pas un obstacle pour les parlementaires. Cela étant, cette stratégie demeure basée sur la croissance. Peut-on avoir une exploitation minière durable ?

Les activistes s’organisent de leur côté pour étudier les conséquences de cette stratégie. Est-on sur un « protégeons la terre en la détruisant ». Un éleveur de rennes scandinave s’interroge sur la possible destruction de son territoire : les travaux d’extraction ont commencé et le sol se dérobe par endroits. A Kiruna, se trouve la plus grande mine de fer du monde qui engloutit progressivement la ville. Celle-ci devra être déplacée.

En Autriche, un gisement de lithium a été découvert dans les années 1980 mais n’a pas été exploité par l’Etat. Une société privée a repris la main. Elle se targue de ne pas déforester. L’étude d’impact est nécessaire à partir de 10 hectares et la société s’est arrangée pour n’avoir que 9,9 hectares de surface à exploiter…

Retour à Kiruna : un autre gisement a été repéré et l’idée et de le connecter au gisement principal par un tunnel. Le moment n’est pas choisi au hasard : c’est quand la Suède prend la présidence de la commission européenne.

Les Samis, peuple autochtone éleveur de rennes, sont menacés de disparition si des installations de l’exploitation minière sont construites en surface.

L’UE veut associer les habitants à ce projet mais ne veut pas leur accorder un droit de véto.

Retour en Espagne : Une mine à ciel ouverte historique se trouve à Rio Tinto (fer et or). Le site attire désormais des touristes. L’exploitation du cuivre a repris en 2015. Les rendements faiblissent et les résidus augmentent mécaniquement avec une forte proportion de substances toxiques. La construction de digues demeure fragile et risquée (un accident majeur a eu lieu au Brésil, en Espagne également un accident a eu lieu). Les conséquences environnementales sont majeures.

L’UE ne veut pas être dépendante sur cette question des matières premières. Or, la ressource minière n’est pas extensible et ne suffirait pas à assouvir les appétits de cette politique.

En Suède, la mine de cuivre de Aitik fonctionne et a ouvert un « parc du développement durable ». La société exploitante Boliden veut communiquer sur la nécessité de prendre la question des résidus au sérieux. Du bois mort a été apporté, ainsi des coléoptères sont arrivés. Mais la compensation ne semble que partielle, ce parc ne compense sans doute pas les dégâts faits ailleurs.

En Espagne, le gouvernement attaque la société Boliden pour la catastrophe passée. La société est acquittée. L’Espagne a fait appel.

En Extremadura, une nouvelle mine se met en place. Il est prévu de descendre à 200 ou 300 mètres de profondeur. Le bassin de rejet est programmé sans présence de la police de l’environnement. Les propriétaires refusent l’accès au site. Le maire a autorisé les forages.

L’exploitation minière consommant beaucoup d’eau, la pérennité des exploitations agricoles environnantes est questionnée, qui plus est dans un contexte de réchauffement climatique.

La Chine annonce restreindre ses exportations de certains minerais. D’où la stratégie de l’UE pour devenir autonome en la matière.

La pression se fait envers l’industrie automobile pour qu’elle utilise ces minéraux mais il y aura un surcout. L’industrie préférera des coûts moins élevés…à l’étranger.

Les éleveurs de rennes Satis ont été invité à Bruxelles pour qu’ils puissent présenter leur point de vue.

L’UE devra satisfaire elle-même 10 % de ses besoins en matières premières tout en respectant l’environnement, les populations locales, elles, ne seront que consultées. C’est ce qui ressort de la loi présentée en fin de reportage.