Pourquoi rien ne change dans nos comportements malgré les alertes sur le climat ? Notre propre cerveau refuse de voir la réalité en face. La menace est trop floue, trop vaste et la croyance dans un progrès qui pourrait nous sauver est aveugle.
Près de Rodez, une expérimentation en école primaire permet de travailler sur la fresque du climat.
Il est possible de convoquer l’image de la grenouille non ébouillantée car l’eau ne se réchauffe que progressivement… sauf que nous n’avons pas de planète de rechange pour s’y réfugier.
Les « biais cognitifs » trompent notre analyse.
Pour les évènements heureux, le cerveau les appréhende positivement mais pas pour les sujets plus sombres. Statistiquement, c’est impossible de tous avoir les mêmes meilleures situations. Il y a un « biais d’optimisme » qui nous fait sous-estimer le risque à échelle individuelle. Pour le COVID-19, ça a dû jouer dans le même sens.
Les « biais culturels » viennent s’ajouter à ces « biais cognitifs », notamment notre sentiment de supériorité sur une nature qu’il nous faut dominer.
L’inquiétude progresse cependant, notamment à partir de 2019. Aujourd’hui, les 2/3 de la population mondiale considèrent le changement climatique comme une menace, en Europe cela atteint même les ¾. Il reste donc des sceptiques notamment des politiques influents (D.Trump, V.Poutine).
Le « biais de confirmation » pèse aussi dans la balance. Le message d’alerte climatique n’a pas le même impact chez un convaincu ou chez un sceptique. Les informations qui confirment ce qu’on pense sont traitées finement, les autres sont rejetées rapidement. Ainsi les opinions se polarisent.
Cela interroge la stratégie de communication sur le sujet climatique, il ne faut pas aller à la confrontation brutale qui démonterait la véracité des propos de l’interlocuteur envers un sceptique. Cela s’avérerait contre-productif.
Internet joue un rôle majeur dans le déni climatique. Les populations s’accrochent à l’idée que d’autres partagent la même croyance. Cela se voit sur les commentaires des réseaux sociaux qui, certes sont faciles à démonter, mais ont un impact sur les croyances de nombreux individus, d’autant que certains commentaires sont générés de façon automatique.
Dissonance entre discours scolaire et pratiques des adultes, les jeunes sont en stress ou en colère. Le terme ici est « écoanxiété ». Le symbole est Greta Thurnberg qui a initié divers mouvements. Les consultations psychologiques sur le sujet se multiplient et il faut qu’elles soient bénéfiques pour aller vers de nouveaux comportements.
La « diffusion de la responsabilité » ou « l’effet spectateur » c’est quand le nombre de participants est suffisamment important pour que l’on se dise que quelqu’un d’autre agira (cas de l’aide à autrui mais cela s’applique aussi aux questions environnementales).
Nos réflexes de consommation sont ancrés dans un inconscient profond. On cherche à avoir autant, voire plus que les autres. Recevoir quelque chose active des régions du cerveau qui régissent la satisfaction. C’est encore plus marqué quand on gagne davantage qu’un autre interlocuteur et qu’on le sait.
L’épisode de COVD-19 a pu contribuer à générer des changements : des routes davantage piétonnes qu’on souhaite finalement conserver par exemple, le développement du télétravail. La stratégie, c’est de cibler les gens à des moments clés de leur vie : un déménagement, un nouvel emploi, la naissance d’un enfant.
Le « nudging » (« donner un coup de pouce ») est un dispositif visant à améliorer nos gestes et réduire notre consommation : des comparaisons entre foyers d’un même quartier par exemple, des indicateurs sur les robinets pour que les enfants s’y repèrent. Cela reste à la marge malgré tout.
https://educ.arte.tv/program/climat-mon-cerveau-fait-l-autruche

