Le reportage traite de l’apparition de cratères de plusieurs dizaines de mètres de diamètre et profonds comme des immeubles en lien avec le réchauffement climatique.

Le premier exemple se trouve en Sibérie où, en 2014, plusieurs cratères sont apparus sur la péninsule de Yamal. Des trous béants dans le sol sont déjà apparus un peu partout dans le monde suite à l’érosion mais la différence, c’est qu’ici, à Yamal, leur pourtour n’est pas plat contrairement à ailleurs. Il y a donc eu explosion car des débris sont projetés à plusieurs centaines de mètres du cratère. Le méthane y est fortement présent. Ces cratères sont apparus lors d’une période exceptionnellement chaude en Sibérie en 2013.

 

 

Ensuite en Alaska, des lacs bouillonnent à certains endroits. Là aussi, le méthane y est fortement présent et provient du plancher du lac (un trou de 15 m dans un lac d’à peine 1 m de profondeur moyenne).

En forêt, des phénomènes étranges sont visibles : des arbres penchés dont les racines ont du mal à prospérer dans un pergélisol en train de fondre. On parle de « forêt ivre ».

La population de l’Alaska possède souvent un cellier de glace creusé sous les habitations. On y stocke la nourriture au fil des saisons. Mais avec le dégel, ces espaces de stockage alimentaire commencent à ne plus remplir leur fonction.

Des galeries permettent d’arpenter les dessous du pergélisol par endroits. On y trouve de la matière organique qui contient son CO2 gelé. Celui-ci est amené à se libérer avec la fonte du pergélisol mais à quelle vitesse ? Et surtout, ce CO2 « emprisonné » s’ajoutera à celui que nous produisons avec nos émissions actuelles.

La durée de vie du méthane dans l’atmosphère est bien moindre que celle du CO2 mais on ne sait pas dans quelle proportion il est relâché. Les efforts humains de réduction devront sans doute être encore plus drastiques.

Il faut ajouter le méthane fossile situé plus profondément sous la croute terrestre et qui est plus ancien (organismes décomposés il y a plusieurs millions d’années). Celui-ci remonte par différentes failles. A l’aide d’une technique de très basses fréquences, les scientifiques arrivent à sonder encore plus profond que les 15 mètres du lac : la matière fondue a ouvert une cheminée à travers toute la couche de pergélisol, un passage plus chaud semi-perméable qui permet au méthane fossile de remonter.

Des manifestations sont également visibles sur les routes, les maisons qui s’enfoncent. Déplacer des communautés sera peut-être à l’ordre du jour. Ainsi des maisons facilement déplaçables sont à l’étude.

Un bon exemple, hélas très inquiétant, pour illustrer les concepts de « boucle de rétroaction positive » et de « point de bascule ».