Si les êtres vivants se sont toujours déplacés en mer sur des arbres et des troncs d’arbres, la différence de nos jours avec le plastique, c’est que sa quantité énorme permet à la vie de se développer bien plus massivement. De plus, le plastique ne se décomposant pas, les organismes ont le temps de s’adapter et de se multiplier. De facto plastique et vie marine ressemble de plus en plus à une cohabitation à la dérive.
Les êtres vivants se développent sur les déchets plastiques dérivant en mer et s’y reproduisent. Et parmi eux, des agents pathogènes y prolifèrent également. Alors, va-t-on vers un gigantesque incubateur ?
Les territoires enquêtés vont de la Méditerranée à Heligoland en passant par l’Antarctique et, naturellement, le vortex du Pacifique Nord.
La fine couche de vie à la surface du plastique se voit nommée « plastisphère » par les biologistes marins. Des macroorganismes se développent sur des grosses structures et vivent de ce « biofilm », cette couche d’organismes plus petits qui se forment en surface.
Sur des bâtonnets de sucettes, on réalise que la vie a fusionné avec le plastique.
Des bactéries sont présentes sur la plastisphère et peuvent causer des troubles intestinaux mais des vibrions ont parfois causé la mort de personnes.
La température de l’eau est un marqueur clé, les eaux méditerranéennes semblent idéales pour la prolifération d’agents pathogènes. Le réchauffement de ces eaux déjà douces ne va pas aider !
Les fibres de vêtements sont un problème particulier car elles concentrent beaucoup de bactéries.
Les dangers pour les animaux sont manifestes puisque le biofilm est une source d’alimentation pour certaines espèces qui se contaminent par cet intermédiaire. Et cela arrivera dans nos assiettes mécaniquement.
La vie sauvage « libre » est touchée mais les zones d’aquaculture aussi.
La grande profondeur est touchée aussi et concentre de grosses quantités de plastiques.
Réfléchir au « bioplastique », à savoir que les bactéries utilisent le plastique comme source de nourriture, serait une piste d’avenir. Les bactéries biodégradent une surface plastique, la plastisphère se mange elle-même en somme. Mais la plupart des plastiques ont été prévu justement pour ne pas se dégrader facilement. Et les conditions en plein océan ne sont pas idéales pour que ce processus soit pleinement efficace notamment pour le plastique qui est au fond. En essayant de le ramener, on arracherait du vivant et on ferait plus de mal que de bien.
La conclusion c’est qu’il faut réduire fortement notre usage du plastique qui n’est pas justifié dans tous les domaines où on le trouve, notamment le plastique à usage unique.


